02/03/2013

1.1.3 Lès-aîdants do djîle / Les auxiliaires du gille: li coureû / le "coureur"

Les servants du Dieu Gille à Binche: le « coureur », in : MA, 4, 1982, p.75

 

Q. Monsieur Debast vous êtes « coureur » depuis combien d'années  ?

R. Depuis 10 ans. Avant on n'allait pas à domicile, la cagnotte se faisait au local parmi les membres, maintenant bien sûr pour la caisse de la société on se rend au domicile non seulement des membres mais aussi des sympathisants.

Le bénéfice des intérêts entre en partie pour payer la musique des gilles, cela coûte très cher.

 

Q.   Votre travail à vous commence quand ?

R. Il commence juste après la semaine du carnaval, je vais à domicile, les membres versent ce qu'ils désirent, chacun suivant son budget.

 

Q.   Vous devez beaucoup vous déplacer pour votre travail ?

R.    Oui et tout à pieds, dans toute la ville, dans les faubourgs et même aux environs, et par tous les temps.

 

Q.    Il faut une bonne constitution ?

R.    Oui, heureusement j'en ai une bonne sinon ?

 

Q.    Une cagnote comprend plus ou moins combien de membres ? R.    Cela dépend des sociétés, moi, je travaille pour deux cagnotes différentes, j'ai plus ou moins 300 membres, plus les mises.

 

Q.   Qu'il faut voir toutes les semaines ?

R.    Oui, ou alors il ne faut pas être coureur, je commence le jeudi et je termine le mardi soir, quand j'ai terminé, je fais mes comptes avec le président.

 

Q.   En fin d'année comment faites-vous ?

R. Nous nous réunissons et remettons aux gilles et membres la somme économisée sur l'année, moins bien sûr une petite quote-part pour le coureur, ils la reçoivent au local, mais c'est une fameuse responsabilité pour moi, mais pourtant nécessaire pour la société et pour le gille. De toute façon on sait toujours contrôler la somme versée, le membre possède une carte sur laquelle j'indique la somme versée, je reporte cette somme dans mon carnet avec un double, donc vous voyez que cela est très sérieux.

Et le mardi gras, lorsque je fais le gille, je le fais encore d'un meilleur cœur parce que je l'ai bien mérité.

 

Marc LEFEBVRE

 

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