02/03/2013

1.1.3 Lès-aîdants do djîle / Les auxiliaires du gille: li pwârteû d' oranjes / le porteur d'oranges

Lès-oranjes au sang (les oranges saignantes ou sanguines), in: MA, 2, 2012

 

Dè què ? 220 tones ? Bîn, ça fét 2.480.000 oranjes ou bîn 62.000 kèrtins, ça !

Qui a pris un jour l'autoroute a croisé ou suivi un camion de la société houdinoise Michel logistics. Didier Michel en est le patron et, à ce titre, il a décidé de mettre à la disposition des sociétés de la région, son professionnalisme et ses contacts privilégiés. Ses camions ramènent, chaque année, plus de 200 tonnes d'oranges d'Espagne, pour différents carnavals de l'Entité. Il ne fait pas ça pour l'argent, mais par passion pour le folklore local. Les oranges sanguines, « Sanguinelli », originaires d'Alicante, sont prisées pour leur qualité exceptionnelle. On compte en général dix à douze oranges au kilo, mais cette année, 2011, elles étaient d'un calibre supérieur, et on n'en comptait que neuf par kilo. ( Source « La Nouvelle Gazette »]

 

Més, à pârt ça, qui-ce qu' astèz, Didier Michel?

In dèwoûrs dè s'-n-ouvâdje, no Didier, c' è-st-in-amoureûs du carnèval. I fét lès djîles à Gougnére dèspûs 50 ans 'yèt il èst présidint dè 'l société « Les Sans Rancunes » dèspûs 15 ans.

'll-a plési à dîre que, grâce à ça, on l' a spotè dins l' intourâdje dès djîles : « èl Sint-Nicolas dès-oranjes », 'yèt nous-ôtes, nos pinsons què ça lyi va fin bîn.

 

Et pour les gilles, comment ça marche ?

À Houdeng justement, et dans de nombreux carnavals, les sociétés sont suivies par une camionnette qui contient toutes les oranges, ce qui n'est pas du plus bel effet, mais chacun est libre de faire comme il l'entend.

La société commande toutes les oranges, le gille paye à celle-ci le nombre de fruits qu'il souhaite pour son carnaval. Il reçoit, en échange, des tickets d'une valeur de 20 oranges, qu'il échangera auprès du préposé dans la camionnette, sachant qu'un panier d'adulte contient +ou- 40 oranges.

 

Et à 'L Louviére, d'aboûrd ?

L'offrande du gille

 

À 'L Louviére, pont d' camionètes més dès tchèrètes à bras. Saquants djîles dè 'l min.me cagnote ès' rabindèletèt inchène pou in porteû.

Lès porteûs n' sont nîn padrî l' société més vont à l'avance pou ratinde èl passâdje dès djîles. Quand i d-a iun qui vût rimpli s' kèrtin, il invouye ène saqui dè s' famîye pou l' fé rimpli. I d-a d's-ôtes qui font tout seû, 'yèt l' porteû d'meûre dèssus l' costè avû in sa d'ssus s' dos. I d-a qui roûletèt avû deûs kèrtins : linsi, quand iun èst vûde, i d-a in plangn su l' temps qu' on rimplit l' ôte.

Le gille présente son panier au specta­teur, et ce geste est d'une grande valeur pour celui qui la reçoit, car il s'agit bien là d'une véritable offrande. Toute la symbolique du gille est représentée dans ce geste.

Évidemment, comment résister à une fenêtre laissée ouverte, ou à un groupe de spectateurs juché en hauteur, les mains tendues vers la précieuse agrume ? À ce moment, plus question d'offrande, mais on flaye comme on dit, afin que l'orange atteigne son but, et si pas ce n'est pas grave, il y aura toujours bien un ou l'autre « petit malheureux » avec son sachet en plastique, qui ne quitte pas les sociétés, afin d'en récolter un maximum, qu'il reportera chez lui et fera ainsi des heureux à moindre coût. Ainsi, tout le monde en profite, et c'est très bien comme ça.

Un petit avertissement quand même : N'essayez jamais d'attraper une de ces oranges avec votre arcade sourcilière... ça laisse des traces !...

 

Inspiré d'un article de la Nouvelle Gazette

 

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