02/03/2013

1.2.2 Lès musucyins / Les musiciens: lès tamboureûs / les tambours

Garin Adelson, Binche et le carnaval, éd. IP, 1998

(p.160)

 

Une école de tambours

 

Pendant des décennies, c'est de père en fils, ou plus généralement de famille en famille, que s'apprenaient les subtilités des «ra» et des «fla» qui constituent la structure du jeu des tambours.

A partir de 1987, un local a été mis à la disposition des apprentis tamboureurs qui suivent les cours organisés à l'initiative de l'Asbl Atelier Théâtre, en collaboration avec l'A.S.A.M. (Amis et Sympathisants des Arts de la Musique), association sœur du Conservatoire Marcel Quinet.

Une cinquantaine de jeunes suivent ces cours par groupes de dix ou douze, à raison de deux séances par semaine, sous la direction d'Odilon Clara, un orfèvre en la matière, lequel estime la durée de la formation à une moyenne de quatre années. Ces élèves sont Binchois ou originaires de la région toute proche.

Comme nous l'a confirmé Jean Bouffioux, l'animateur du Centre d'expression et de créativité reconnu par la Communauté française, cette formation répondait vraiment à un besoin. Trois animateurs assument ces cours : Odilon Clara, Albert Lefèvre et Thierry Lapaille.

Cette formation nous donne une garantie de la qualité des tamboureurs qui feront danser les futures générations de Gilles.

Dans un article du journal «Le Soir» du 16 février 1996, que Françoise Zonemberg a consacré très justement à cette école de tambours, notre journaliste binchoise signale qu'à cette date, trois jeunes filles suivent les cours de l'école de tambours, et d'ajouter que «c'est un coin dangereusement enfoncé dans la mâle tradition».

C'est pourtant armée de l'autorisation du président de l'A.D.F. (Association pour la Défense du Folklore) qu'Edwige Paradis avait effectué, le Mardi gras, une sortie remarquée, et d'ajouter que «la qualité incontestable de son jeu est à l'origine de cet exploit folklorique». Et notre Binchoise de se poser la question : «Qui sait si, dans dix ans, on ne trouvera pas parfaitement archaïque cette drôle d'époque où seuls les hommes étaient autorisés à jouer du tambour ?»

 

Une leçon de patience et de sagesse

Nous ne pourrions pas assez insister sur l'importance du rôle des batteries dans le Carnaval de Binche.

Odilon Clara, dont le grand-père Désiré était un maître en la matière, qui a formé plusieurs tamboureurs, a écrit, avec la collaboration d'Albert Lefèvre, un répertoire des vingt-six airs de Gille ainsi que l'avant-din.ner. Ce travail, commencé au printemps 1988, a été achevé en novembre 1993 et, à le consulter, on devine les nombreuses heures de travail et de patience qu'il a nécessitées.

Nous sommes émerveillés devant la précision de ce message réalisé uniquement par l'amour passionné qu'Odilon a toujours témoigné à l'égard du tambour et en mémoire de son grand-père qui serait, à coup sûr, légitimement fier de son petit-fils, fierté partagée par tous les tamboureurs du Carnaval.

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