02/03/2013

1.2.2 Lès musucyins / Les musiciens:

Les servants du Dieu Gille à Binche: les musiciens, in : MA, 1, 1982, p.8-9

 

Au carnaval de la « Guinguette » a Waudrez, j'ai rencontré Monsieur Alphonse Parmentier, bugle et musicien à la fanfare des « Chasseurs » de Binche.

 

Q.   Vous êtes Binchois ?

R. Oui, je suis né a Binche, mais pendant la guerre j'ai travaillé à Haine-St-Pierre et je suis resté là, je suis un « transplanté ». Actuellement j'habite La Hestre.

 

Q.   Vous jouez depuis combien d'années ?

R. 50 ans, je joue aussi depuis aux Chasseurs ; j'ai joué du petit bugle pendant 20 ans, mon professeur de musique à l'époque était Monsieur Passet, de Carnières.

 

Q    Quand avez-vous formé votre première musique pour gilles ?

R. Comme responsable, j'ai débuté à la formation de la "société de gilles les « Maxim's » de Binche. J'ai été contacté à l'époque par le fondateur Maxime Baras en 1946 et je suis resté, depuis, responsable et fait assez rare, il faut le dire, j'ai reçu cette année une médaille pour 35 années de participation des mains de l'Administration communale.

 

Q. Dans la composition de votre orchestre, prenez-vous des musiciens Bin­chois ou étrangers ?

R. C'est-à-dire, je ne peux pas dire que j'ai des problèmes, actuellement deux autres plus important ce n'est plus le même.

j'ai une formation très bien équilibrée avec des musiciens de Binche et autres, parce que il n'est pas possible de régler un orchestre, du moins les composants, uniquement à Binche, il faut que je me débrouille pour trouver à droite et à gauche.

 

Q. Avez-vous des problèmes avec les partitions ? Tous vos musiciens jouent-ils comme chez nous ?

R. A ce point de vue-là, je dois dire que je suis assez difficile au point de vue facture de musique pour la bonne raison qu'à chacun de nous je de­mande de respecter le plus possible les morceaux arrangés par Emile Adam et autres Binchois qui ont eu la bonne idée d'arranger les airs de Gille.

 

Q. Pour vous, quelle est la bonne composition d'un orchestre de gilles ?

R. Valable ! Evidemment toujours le système des anciens, à savoir : 1 trompette, 1 piston, 3 ou 4 bugles, une clarinette lorsque cela est pos­sible, 2 tubas, 2 trombonnes et un bombardon, c'est le strict minimum pour sortir quelque chose de valable.

 

Q. Une formation Binchoise est-elle la même à l'extérieur ?

R. Oui, souvent j'ai les mêmes éléments, c'est la bonne façon de s'intégrer et de jouer les airs de gilles dans de bonnes conditions.

 

Q.  Vous jouez à plusieurs autres  endroits ?

R. Je commence à Binche, Morlanwelz, La Louvière, avec d'autres petits carnavals où l'on a intensément de plaisir à jouer entres copains.

 

Q.  Vous jouez d'abord pour votre plaisir ?

R. Oui, oui, uniquement, écoute, j'ai toujours pensé que le musicien"qûTsert le folklore et qui veut le servir à fond, s'il pense à l'argent ne saurait réaliser quelle chose de bien, c'est comme le gille, il doit garder sa fierté.

 

Q.    Vous arrive-t-il de jouer autre part que dans le Hainaut ?

R.    Oui, cela m'est arrivé, mais très peu.

 

Q.   Jouer hors du Hainaut, personnellement pour vous c'est la même chose ?

R. Pas du tout, il n'y a rien qui s'y prête, l'on sent que l'on est pas dans sa place, il faut avouer que lorsque l'on a joué Binche d'abord et les deux autres plus important ce n'est plus le même.

 

Q.    Après Binche, c'est Morlanwelz, pourquoi ?

R. Ecoute, il y a certainement plus d'affinité entre Binche et Morlanwelz, c'est un fait, cela se sent, pour un vieux folkloriste il est certain qu'il est très proche de Binche.

 

Q. Depuis que vous jouez de la musique, voyez-vous une différence entre le carnaval de vos débuts et ceux de maintenant ?

R. Pour moi non, celui qui ressent le folklore, il le ressent encore à plein poumon, la différence qu'il y a, c'est que les gilles sont plus propres, je veux dire que partout, les gilles sont sensibilisés pour imiter Binche le mieux possible tout en gardant sa ligne propre suivant son village, son milieu.

 

Q.    Vous jouez environ combien d'heures par année ?

R. Soumonces comprises, environ 150 heures, depuis le 15 février jusque Pâques à Saint-Vaast pour la société des « Amis Réunis » je crois.

 

Q. Sur le plan Binchois avez-vous trouvé une certaine évolution, un change­ment de mentalité ?

R. Non, d'années en années, je trouve que c'est comme une relique que l'on transmet de père en fils C'est comme la musique, elle doit rester comme elle est.

 

 

Marc LEFEBVRE

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