03/03/2013

0.2 Ôrganisâcion asteûre / Organisation actuelle: brûlâdje dès bosses (dès djîles) / "brûlage des bosses" (des gilles): nin à Binche / pas à Binche

 

 

S. Glotz, Un usage carnavalesque en Hainaut peu connu: le brûlage des bosses, Comm. R. B. de Folkl., 1956-1961, T9-14, p.205

Nin à Bince mins dins l's-environs.

 

Le dernier jour de la célébration du carnaval, les gilles dansent pour la dernière fois, entourant un feu de paille, et enlèvent la paille des bosses, qu'ils lancent au feu.

 

 

 

Roger PINON,Analyse  Morphologique des Feux de Carême dans la Wallonie Occidentale, in : Commission Royale belge de folklore, T9-14, 1956-1961, p.81-183

 

 

 

(p.162) Le brûlage des bosses a lieu, selon mon enquête, à Marche-lez-Ecaussinnes, La Louvière, Houdeng-Goegnies, Haine-Saint-Pierre, Jolimont, La Hestre, Péronnes-Village, Carnières, Trivières et Trazegnies, c'est-à-dire dans Le Centre; en pleine zone du feûreû. Chose curieuse cepen­dant : la coutume ne paraît pas exister ou avoir existé à Binche.

 

C'est toujours la même scène affirme un journa­liste ( l ) : « Au centre, un brasier au-dessus duquel se balançait l'effigie du Gille sacrifié. Et autour de ce brasier les Gilles à la queue-leu-leu, formant cercle et exécutant avec plus d'énergie que jamais leurs danses rituelles.

 

« Puis, brusquement, l'orchestre entamait sur un ryth­me funèbre « Où peut-on être mieux ? ». Et on voyait les Gilles mettre un genou en terre, courber la tête, se poser la main sur les yeux et pleurer à haute voix. Jusqu'au mo­ment où la gaieté jaillissait à nouveau des cuivres et où, redressés d'un bond, les Gilles reprenaient leur pas inimitablement rythmé.                                  

 

« Les flammes montent et diminuent, reprennent, elles aussi, une vigueur nouvelle, et dévorent tout ce qu'on leur donne en pâture. »

 

Ce brûlage de bosses est en réalité «la passion du Gille ». Le lundi du feûreû, à Haine-Saint-Pierre, le soir, tous les Gilles rentraient au local et la musique jouait un

 

 

 

(1)   Indépendance du 23-03-1950.

 

 

 

(p.162) air funèbre ; tous les Gilles s'abattaient en tas, comme des morts, puis les musiciens reprenaient un air de Gilles, et ceux-ci se relevaient brusquement. On recommençait cette pantomime 5 ou 6 fois; et c'était la clôture du feûreû (1). Il en était de même à Marche-lez-Ecaussinnes.

 

A La Louvière et à La Hestre le brûlage des bosses a lieu le mardi soir, de même qu'à Jolimont. C'est une fête des sociétaires entre eux.

 

La dénomination provient du fait que les Gilles vicient leur rembourrage pour les mettre en tas. C'est ce tas qui est enflammé pour la scène de la passion.

 

A Péronnes, cette scène a lieu le mardi soir sur la Grand-Place ; de même à Trivières, où l'on a gardé le vieux terme de « passion du Gille ». A Trazegnies, elle a lieu le lundi soir sur la place Albert.

A La Hestre, Mandine, la cantinière des Gilles de « Louis du gros Laga » est bien triste quand on met le feu au bûcher. La folle gaieté des Gilles se mue en une peine de plus en plus grande à mesure que le feu s'étend. Puis, surmontant leur chagrin, les Gilles dansent une dernière fois leur air favori. Cette « passion » du dimanche est complétée par le « brûlage de bosses » du mardi soir de­vant le local de chaque groupe.

 

 

 

Samuel Glotz,  Un Usage Carnavalesque peu Connu : le Brûlage des Bosses en Hainaut, in : Commission Royale belge de Folklore, 1956-1961, T9-14, p.205

 

 

 

Inconnue à Binche, où, de mémoire d'hommes, elle n'a jamais été pratiquée, cette coutume est célébrée avec beaucoup d'ardeur par les Gilles des environs. Au soir du dernier jour de célébration de carnaval (les dates varient et vont de la semaine du Feureu au mardi de Pâques), les Gilles, fatigués par leurs sorties de plusieurs jours, retrou­vent un nouveau courage pour clore le carnaval. Face au local, dans lequel ils s'apprêtent à rentrer ; ils dansent pour la dernière fois, entourant un feu de paille où brûle par­fois un .mannequin vêtu du costume traditionnel. Ils font la ronde autour du feu, en marquant le pas. Puis, au son d'un air alternativement funèbre et gai, ils enlèvent la paille des bosses, se déshabillent plus ou moins, lancent au reu un vieux panier, une « barette », se bousculent, se pros­ternent et se relèvent tour à tour. Tout cela ne va pas sans pitreries !

 

Faute de relations anciennes, il est difficile de porter un jugement définitif sur l'origine de cet usage qui, au surplus;,apparaît fort fluctuant même là où il semblait le plus fortement établi. La coutume, autrefois restreinte au Centre, s'étend par suite de la diffusion continue du type «Gille», au-delà des frontières mêmes du Hainaut .

 

 

 

 

Samuel GLOTZ

 

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