03/03/2013

0.2 Ôrganisâcion asteûre / Organisation actuelle: brûlâdje dès bosses (dès djîles) / "brûlage des bosses" (des gilles): nin à Binche / pas à Binche

Duquesne Francis, Si Laetare m’était conté, Le carnaval louviérois, 1991

 

(p.25) LE BRULAGE DES BOSSES

 

Il se déroule le mardi soir de Laetare. Suivant la tradition, les sociétés de Gilles louvièrois enterrent leur carnaval en "brûlant leurs bosses".

A l'heure actuelle le Gille ne se débosse plus, il brûle un mannequin vêtu d'un costume de Gille qui a été auparavant bourré de paille. Cette cérémonie se déroule devant le local de la société.

Exception à la règle, la société des Gilles "Commerçants" suit la tradition binchoise, ils ne brûlent pas les bosses, mais organisent un rondeau devant leur local.

Alors que dans le passé après les "brûlages", les Gilles finissaient généralement le carnaval dans les cafés, il en est différemment aujourd'hui.

En effet, après avoir dansé auprès des dernières cendrées, les Gilles se séparent des cuivres mais non de la batterie et, avec celle-ci finissent la dernière nuit du carnaval.

Pour expliquer un "brûlage des bosses" dans le passé, je n'ai pu trouver de meilleur exemple que le récit de Fernand Liénaux, âgé à l'époque d'une dizaine d'années.

Le spectacle folklorique décrit se déroula au placard du Hocquet...

"C'était entre 1906 et 1912, de la place des Martyrs (Mansart) on| pouvait voir les hautes flammes illuminant ce quartier du Hocquet.

C'étaient les fermiers voisins Emile fontaine et Demaret qui fournissaient la paille. Une ample provision était tassée dans la cour fontaine. L'heure venue, le "bûcher " était prêt les Gilles formaient le rond en dansant.

Nous n'avons pas conservé le souvenir d'un mannequin-Gille que les flammes devaient sacrifier.

 

(p.26) Par contre, nous n'avons pas oublié les sérieux remous parmi la foule lorsque l'intense chaleur faisait reculer Gilles et spectateurs.

Maintes fois, les portes vernissées de la droguerie Debaise furent mises en péril. Et toujours les fourches de la ferme voisine apportaient de la paille pour activer le feu. Cela durait une heure environ, toute circulation étant bloquée. Les airs de Gilles alternant avec un air d'enterrement (où peut-on être mieux qu'au sein de sa famille..., au rythme ralenti) ils donnaient lieu à des "pas " endiablés et des cris de joie, suivis de stations agenouillées et des mines de lamentation. La provision de paille épuisée, les Gilles vidaient leurs bosses au risque de contracter un fatal refroidissement. Aussi voyait-on les épouses prévoyantes recouvrir les épaules des imprudents danseurs d'un gros pardessus d'hiver. Mais il y avait toujours les obstinés qui persévéraient dans leur déchaînement et c'est alors que le burlesque apparaissait dans toute sa violence "monchat qui brûle!" criait-on. Et dans le dernier rougeoiement, des silhouettes obscures se roulaient littéralement dans les cendres brûlantes.

L'orchestre s'est tu et se retire du jeu avec les Gilles en sueur.

Quant aux enfants, ils prennent possession du "rond" pour frapper à coups de pied dans les restes fumants.

Le carnaval est mort! Vive le carnaval, car les tambours et les caisses ont repris le rythme et c'est dans de nombreux cafés des alentours que les derniers assauts cesseront aux premières heures du matin ".

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