03/03/2013

1.1.2 Lès fieûs d' costumes / Les fabricants de costumes: louweû / "louageur"

Les servants du dieu Gille à Binche: les Louageurs (suite 2), in : MA, 5, 1981, p.94

 

Terminant mon enquête sur les louageurs, j'ai rencontré le fils de Clovis Kersten, Carl lui aussi depuis peu dans le métier.

 

Q.   Il y a peu de temps que vous êtes dans le métier ?

R. Oui, je commence à travailler, mes parents, eux, ont été élevés là dedans, pourtant papa, lui, faisait des boutonnières pour les tailleurs à domicile, seulement ce métier-là disparaît de plus en plus de notre ville, et lors­que Madame Colaert est décédée, mes parents ont repris les chapeaux de Paysans, ensuite ils ont fait le costume de Gille et maintenant, je continue avec eux.

 

Q. Les chapeaux de Paysan n'ont pas changé ? Et les fleurs où les com­mandez-vous ?

R. A Bruges, c'est les mêmes que celles se trouvant sur les coiffes des Gilles ; nous travaillons toujours d'une manière artisanale c'est long de faire un costume.

 

Q.   Les formes des motifs vous ont-elles été imposées ?

R. Non, c'est toujours les mêmes que ceux de mon grand-père, nous n'avons rien changé.

 

Q.   Pour le travail des plumes, qui s'en occupe ?

R. Pour le blanchissement et les teintures des plumes, c'est moi qui m'en occupe, ainsi que la préparation des couleurs, c'est-à-dire que je possède les couleurs de base, et je cherche moi-même les couleurs à donner, je ne fais jamais les mêmes, je cherche encore à les améliorer.

 

Q.   Combien de plumes à vos chapeaux ?

R.    Grand-père en mettait 9, nous 12, c'est plus joli, ils sont plus fournis.

 

Q.   C'est votre grand-père qui vous a appris ?

R.    Oui, un peu, le reste nous l'apprenons avec le temps.

 

Q.   Vous êtes nombreux à travailler sur les costumes ?

R. Non, mes parents, moi, et les parents de ma fiancée qui aident aussi. (Entretemps la maman de Cari est entrée et je lui ai posé cette question)

 

Q.   Que représente pour vous, madame, de faire des chapeaux ?

R. C'est beaucoup d'ennuis, beaucoup de mal, ceux qui nous les louent ne se rendent pas compte de cela, c'est comme les chapeaux de Paysans, les plumes reviennent quelques fois toutes détruites nous sommes parfois découragés et surtout pour le prix que nous les louons, ils ne sont faits que pour eux, enfin c'est difficile.

 

Marc LEFEBVRE

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