04/03/2013

0.1 Orijine / Origine: danse & musike / danse & musique

Vandenbyvang Cécile, Approche de certaines  manifestations folkloriques, Inst. de Musique d’Eglise et de Pédagogie musicale, Namur, Mémoire, 1988

 

(p.13) La danse

Aux rites de fécondité des sociétés agricoles

primitives s'associent un peu partout dans le monde, des danses simples symbolisant le foulage de la terre ("stomping dances") ou représentant les différents travaux agricoles, des semail­les aux moissons. Elles sont généralement accompagnées par la flûte et le tambour ou bien le tambour seul, instruments qui, dit P. COLLAER, matérialisent respectivement l'élément mâle et 1'élément femelle de la musique . Curieusement, elles sont tou­jours supportées par un rythme asymétrique appelé aksak par les ethnomusicologues, c'est-à-dire "boiteux" en turc ; ce rythme est caractérisé par un rapport longue - brève où la longue vaut 1,5 fois la brève et non le double comme dans notre musique occidentale. (…)

A Binche, la danse du Gille est bien un ‘stomping dance’ jambes pliées, les pieds appliqués à plat sur le sol.

 

Les violes

Apportées à Binche (p.15) vers 1880 - 1890 par des familles flamandes. Elles étaient fabriquées à Berlin, à Paris ou en Belgique même par quelques artisans, forains pour la plupart, qui s'associaient pour l'occasion à des "moteurs de cylindres". Le problème était complexe  : lorsqu'on faisait venir une viole d'Allemagne, le cylindre comportait toujours huit airs d'opéra ou d'opé­rette et l'on s'empressait de le remplacer par un cylindre piqué de huit airs à la mode ou typiquement binchois. Des compositeurs et des arrangeurs locaux s'attelaient dans un premier temps à fixer sur partition - et en quarante mesures - les airs qu'on leur sifflait ; le propriétaire de l'instrument envoyait alors cette partition chez un'monteur de cylindres et, quelques semaines après, recevait un cylindre au calibre de sa viole. Les propriétaires possédaient souvent plusieurs instruments et ils engageaient des joueurs pour les trois jours de carnaval ou lors des danses, concours, mariages, etc...

Entre les deux guerres mondiales, Binche comptait entre tren­te et quarante violes qui, pour la période de carnaval, jouaient chacune entre cinquante et septante heures. Le prix des instruments, la difficulté du jeu lui-même due au poids de la viole (entre trente et quarante kilos) et la concur­rence d'autres moyens de production musicale (disques, radio, ont presque éteint la tradition binchoise puisqu'aujourd' hui, au carnaval, seules trois ou quatre violes égrènent encore leurs mélodies suaves.

 

Les airs des Gilles

Les airs sur lesquels dansent, le mardi gras, gilles, paysans, groupes de travestis, masques, sont actuel­lement fixés par la coutume binchoise. En musique, comme dans les autres domaines carnavalesques, usages ou coutumes, un code oral inflexible arrête toute déviation, interdit toute addition ou fantaisie.

On compte vingt-six airs joués effectivement. Il faut y joindre le célèbre avant-din.ner que battent les tambours, sans accompagnement d'orchestre.

Les commentaires sont fermés.